Emissions de dioxines bromées : des essais en chambre à incendie pour mieux évaluer les effets sanitaires des feux de déchets

publié le 19 décembre 2018

Dans le cadre du troisième Plan régional santé environnement (PRSE3) d’Ile de France, la DRIEE a pour objectif d’améliorer la connaissance autour des polluants émergents en Ile-de-France pour renforcer à terme la lutte contre leurs effets sur la santé humaine.
L’Ineris y contribue à travers la mise en œuvre d’essais de brûlage de matériaux destinés à améliorer les connaissances concernant les émissions de dioxines et furanes bromées lors de feux de déchets.

Que sont les dioxines et les furanes ?

Les dioxines et les furannes sont des composés organo-chlorés, constitués de deux cycles aromatiques, que l’on regroupe généralement sous le terme « dioxines ». Ces composés se forment essentiellement lors de phénomènes de combustion mal maîtrisés ou dont l’efficacité n’est pas maximale.
Deux familles de ces composés peuvent être distinguées : les chlorés et les bromés.

Les principales sources d’émission des dioxines sont l’incinération de déchets et la métallurgie.

Les dioxines sont des composés stables, peu biodégradables et très solubles dans les graisses. Elles présentent donc un potentiel important d’accumulation dans les sols, les sédiments et les tissus organiques.

Initialement, les préoccupations autour de l’émission de dioxines et de leur devenir dans l’environnement concernaient les dioxines chlorées, largement prédominantes, ce qui a conduit à mettre en place des dispositions réglementaires pour ces substances.

Les dioxines chlorées
Parmi les 210 molécules identifiées, les 17 les plus toxiques, sont habituellement analysées. La 2,3,7,8 tétrachlorodibenzodioxine ou « dioxine de Seveso » (en référence à la catastrophe écologique et sanitaire de 1976 en Italie) est considérée comme la plus toxique.

Depuis les années 1990, les émissions de dioxines et furannes chlorées des sources d’émission industrielle ont baissé de manière très significative suite au changement de technologie (aciéries, cimenteries et fours à chaux avec co-incinération, unités de combustion utilisant un combustible solide, usines d’incinération d’ordures ménagères).

Les dioxines bromées
La présence, dans les déchets, de composés organiques bromés et plus précisément de retardateurs de flamme bromés, notamment dans les textiles et les plastiques pourrait conduire à des émissions de dioxines bromées.
Bien que les conséquences sur la santé des dioxines bromées soient encore faiblement documentées, à l’inverse des dioxines chlorées, plusieurs articles scientifiques recommandent aujourd’hui de considérer des niveaux de toxicité comparables.
Dans ce contexte, des questions de posent quant à l’émission et au transfert de dioxines bro-mées dans l’environnement.

Pour en savoir plus sur les dioxines et leurs effets sur la santé : http://www.cancer-environnement.fr/367-Dioxines.ce.aspx

L’action 2.3 « Identifier les sources de polluants émergents et mesurer la contamination des milieux » du PRSE 3

C’est dans le cadre de l’action 2.3 du PRSE 3 qu’il est apparu pertinent d’étudier les dioxines bromées et notamment d’en identifier les sources d’émission, de mesurer les émissions de ces composés pour les sources identifiées et le cas échéant de mesurer la contamination dans les milieux.

Pour en savoir plus sur l’action 2.3 du PRSE

L’étude de l’INERIS

Des essais de brûlage de matériaux susceptibles de contenir des dioxines et furannes bromés ont été menés par l’Ineris de mai à juin 2018 au sein de la chambre 1000 m3 de sa plateforme incendie. L’objectif est d’améliorer les connaissances sur les dioxines et furannes bromés pouvant être émis par les feux de déchets.
Les essais ont permis de mesurer les émissions de ces composés sur différentes typologies de matériaux susceptibles de contenir des composés bromés et en particulier des retardateurs de flamme bromés : voiture, banquettes, appareils électroménagers, plastiques et câbles électriques.
Ces essais permettront d’alimenter l’expertise en post-accident de l’Ineris, concernant la stratégie de prélèvements et d’analyses dans les milieux suite à un incendie.
Ce projet piloté par l’Ineris et co-financé par la DRIEE Ile-de-France donnera lieu à un rapport programmé courant 2019.

Pour en savoir plus sur l’INERIS : https://www.ineris.fr/fr et https://www.ineris.fr/fr/guide-strategie-prelevements-analyses-realiser-suite-accident-technologique-cas-incendie